Fréquence et gravité de l’hypotension induite par le propofol : analyse rétrospective de 57 947 inductions. Jeanne, M., Lamer, A., De Jonckheere, J., Vallet, B., Logier, R., & Tavernier, B. Anesthésie & Réanimation, 1, Supplement 1:A224, September, 2015.
Fréquence et gravité de l’hypotension induite par le propofol : analyse rétrospective de 57 947 inductions [link]Paper  doi  abstract   bibtex   
Introduction L’induction de l’anesthésie générale entraîne fréquemment une hypotension (hypoTA) dans les minutes suivant l’administration des médicaments anti-nociceptifs et hypnotiques. Si les mécanismes responsables de l’hypoTA sont connus, la fréquence réelle, dans la pratique quotidienne, de ce phénomène est peu documentée. L’objectif de cette étude rétrospective était de mesurer la fréquence et l’intensité de l’hypotension induite par l’induction de l’anesthésie générale quand le propofol fait partie des médicaments utilisés. Matériel et méthodes Notre CHU a développé depuis 2010 un entrepôt de données qui collecte les informations des séjours, de la consultation d’anesthésie ainsi que de l’ensemble des données cliniques et paracliniques saisies manuellement ou automatiquement dans la feuille d’anesthésie informatisée Diane® (Bow Medical, Amiens) [1]. Les critères d’inclusion dans cette étude rétrospective portant sur les données de 2012 à 2014 étaient : âge ≥ 18 ans, anesthésie générale avec propofol à l’induction, intubation trachéale. Tous les types d’intervention étaient inclus. Pour les patients sélectionnés, la pression artérielle moyenne non invasive (PNIm) était automatiquement scannée à partir de l’induction et jusqu’au début de la chirurgie. Les résultats sont présentés sous forme de nombres (%) ou médianes (1er quartile–3e quartile). Le test U de Mann-Whitney a été utilisé pour les comparaisons entre deux groupes, en considérant un p < 0,05 significatif. Résultats Le nombre d’interventions répondant aux critères d’inclusion était de 57 947. Les médicaments hypnotiques utilisés dans les autres cas étaient : sevoflurane dans 1335 (2,30 %) cas, l’étomidate dans 486 (0,84 %) cas, la kétamine dans 279 (0,48 %) cas, la clonidine dans 75 (0,13 %) cas. La dose à l’induction était de 200 (150–250) mg. L’induction était suivie d’un hypoTA avec PNIm < 50 mmHg dans 7034 (12,1 %) cas, PNIm < 55 mmHg dans 13 915 (24,0 %) cas et PNIm < 60 mmHg dans 23 122 (39,9 %) cas. L’hypoTA avec PNIm < 50 mmHg débutait 11,2 (6,1–19,5) min après l’induction et durait 3,1 (1,0–4,9) min ; cette hypoTA était plus fréquemment observée chez les patients de classe ASA 3–5 vs ASA 1–2 (p < 0,001). Les patients qui présentaient une hypoTA marquée étaient plus âgés que les autres (61 [50–71] ans vs 52 [36–64] ans, p < 0,001) et présentaient une surmortalité périopératoire (p < 0,001). Discussion Le résultat principal de cette étude est que, sur plus de 57 000 anesthésies générales avec induction au propofol, 24 % se compliquent d’une hypoTA avec PNIm < 55 mmHg, dont une sur deux se poursuit en dessous de 50 mmHg pendant environ 3 min. Même en l’absence de lien causal (non recherché), cette hypoTA pourrait être un facteur prédictif de surmortalité périopératoire.
@article{jeanne_frequence_2015,
	series = {{1S1} congrès {SFAR} 2015},
	title = {Fréquence et gravité de l’hypotension induite par le propofol : analyse rétrospective de 57 947 inductions},
	volume = {1, Supplement 1},
	issn = {2352-5800},
	shorttitle = {Fréquence et gravité de l’hypotension induite par le propofol},
	url = {http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2352580015004992},
	doi = {10.1016/j.anrea.2015.07.343},
	abstract = {Introduction
L’induction de l’anesthésie générale entraîne fréquemment une hypotension (hypoTA) dans les minutes suivant l’administration des médicaments anti-nociceptifs et hypnotiques. Si les mécanismes responsables de l’hypoTA sont connus, la fréquence réelle, dans la pratique quotidienne, de ce phénomène est peu documentée. L’objectif de cette étude rétrospective était de mesurer la fréquence et l’intensité de l’hypotension induite par l’induction de l’anesthésie générale quand le propofol fait partie des médicaments utilisés.
Matériel et méthodes
Notre CHU a développé depuis 2010 un entrepôt de données qui collecte les informations des séjours, de la consultation d’anesthésie ainsi que de l’ensemble des données cliniques et paracliniques saisies manuellement ou automatiquement dans la feuille d’anesthésie informatisée Diane® (Bow Medical, Amiens) [1]. Les critères d’inclusion dans cette étude rétrospective portant sur les données de 2012 à 2014 étaient : âge ≥ 18 ans, anesthésie générale avec propofol à l’induction, intubation trachéale. Tous les types d’intervention étaient inclus. Pour les patients sélectionnés, la pression artérielle moyenne non invasive (PNIm) était automatiquement scannée à partir de l’induction et jusqu’au début de la chirurgie. Les résultats sont présentés sous forme de nombres (\%) ou médianes (1er quartile–3e quartile). Le test U de Mann-Whitney a été utilisé pour les comparaisons entre deux groupes, en considérant un p \&lt; 0,05 significatif.
Résultats
Le nombre d’interventions répondant aux critères d’inclusion était de 57 947. Les médicaments hypnotiques utilisés dans les autres cas étaient : sevoflurane dans 1335 (2,30 \%) cas, l’étomidate dans 486 (0,84 \%) cas, la kétamine dans 279 (0,48 \%) cas, la clonidine dans 75 (0,13 \%) cas. La dose à l’induction était de 200 (150–250) mg. L’induction était suivie d’un hypoTA avec PNIm \&lt; 50 mmHg dans 7034 (12,1 \%) cas, PNIm \&lt; 55 mmHg dans 13 915 (24,0 \%) cas et PNIm \&lt; 60 mmHg dans 23 122 (39,9 \%) cas. L’hypoTA avec PNIm \&lt; 50 mmHg débutait 11,2 (6,1–19,5) min après l’induction et durait 3,1 (1,0–4,9) min ; cette hypoTA était plus fréquemment observée chez les patients de classe ASA 3–5 vs ASA 1–2 (p \&lt; 0,001). Les patients qui présentaient une hypoTA marquée étaient plus âgés que les autres (61 [50–71] ans vs 52 [36–64] ans, p \&lt; 0,001) et présentaient une surmortalité périopératoire (p \&lt; 0,001).
Discussion
Le résultat principal de cette étude est que, sur plus de 57 000 anesthésies générales avec induction au propofol, 24 \% se compliquent d’une hypoTA avec PNIm \&lt; 55 mmHg, dont une sur deux se poursuit en dessous de 50 mmHg pendant environ 3 min. Même en l’absence de lien causal (non recherché), cette hypoTA pourrait être un facteur prédictif de surmortalité périopératoire.},
	urldate = {2015-12-01},
	journal = {Anesthésie \& Réanimation},
	author = {Jeanne, Mathieu and Lamer, Antoine and De Jonckheere, Julien and Vallet, Benoit and Logier, Régis and Tavernier, Benoit},
	month = sep,
	year = {2015},
	pages = {A224},
}

Downloads: 0