Lezoux (Puy-de-Dôme), Les Boudets, rue Bernard-de-Roquefeuil : rapport de fouilles. Arnaud Philippe Technical Report Inrap RAA, Bron, 2013.
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Les vestiges étudiés, portant sur un versant à faible pente, ont pour cadre un paysage rural, marqué par la permanence de l’Antiquité à nos jours, d’un axe de drainage traversant l’emprise du nord-ouest au sud-est. - Au nord-ouest de cet axe, deux canalisations drainent le versant, en amont de l’emprise. Constituées de tuyaux d’adduction en chêne, elles sont datées du tournant des Ier-IIe s. ap. J.-C. et se dirigent vers un long et profond fossé fonctionnant jusqu’aux premiers siècles du haut Moyen Age. Le paysage présente alors des aspects variés : vergers, prairies, friches, zones humides, vigne, céréaliculture. Quelques monnaies et tessons attestent d’une fréquentation jusqu’à la fin de l’Antiquité. - Aux VIIIe-IXe s., une grande partie de cet axe d’écoulement est transformé en surface carrossable par d’abondants rejets de céramique issus d’un atelier de potiers. Ces apports, relativement progressifs au nord-ouest de la bande, sont massifs dans sa partie centrale et s’interrompent au sud-est. Le mobilier du dépotoir prélevé représente un ensemble homogène de près de 400 000 tessons de céramique commune grise décorée à la molette (cuisson réductrice, post-cuisson réductrice). Cet ensemble peu diversifié constitue une référence pour la production de poterie à la période carolingienne en Auvergne. En dépit du volume exceptionnel de ce lot, aucune structure de production n’a été découverte sur le site. L’atelier d’origine n’est donc pas connu. Des débris de terre cuite architecturale et artisanale, ainsi que des pierres, portant tous des traces de chauffe, de même que la qualité de cuisson des poteries dont certaines sont déformées, indiquent cependant l’emploi de fours (construits) permettant de soutenir une température élevée. - Des restes fauniques et carpologiques conservés dans la matrice charbonneuse du dépotoir procurent des informations sur l’alimentation et l’environnement des potiers. L'alimentation semble avant tout basée sur les céréales (cultures d’été), même si elle paraît enrichie, au moins ponctuellement, d'éléments carnés comme l'indique la présence d’éléments consommés (Bos, Sus, Ovis aries). On relève également la présence de restes d’animaux auxiliaires (Cheval, Ane, Chien, Chat). - Après cet évènement qui a vraisemblablement duré plus d’une décennie, le site n’est guère fréquenté avant que soit pratiquée une vaste excavation (600 m²) aux XIe-XIIe s. ou un peu avant. Celle-ci est pourrait avoir eu plusieurs fonctions (carrière d’argile, éventuel pourrissoir d’argile), mais devient rapidement une mare par l’effet du ruissellement. - Cette fonction est entérinée, vraisemblablement au début du XIVe s., par l’installation d’un exutoire en bois élaboré, formé d’un cuvelage alimentant une gouttière monoxyle couverte, enterrée sous une courte digue d’argile et se déversant dans un fossé. La retenue a pu jouer simultanément plusieurs rôles : pêcherie et zone cultivée, roselière, réserve d’eau pour une industrie située en aval de l’emprise. Une série de fossés est creusée dans le même temps à proximité de la mare, notamment au nord-est où l’axe drainant NO-SE est rétabli et sera entretenu jusqu’à nos jours, mais aussi au sud-est et à l’ouest où des fossés délimitent une parcelle autour de l’excavation. Les données carpologiques pour cette période témoignent de l’importance des plantes de milieu humide, mais reflètent aussi une mise en culture faible, où dominent les plantations d’été. La mare est colmatée aux XVe-XVIe s. -L’occupation du versant change peu jusqu’au début du XVIIIe s., où de nombreuses monnaies témoignent d’une occupation plus intense. A partir de cette date, la mise en valeur des terres est attestée par la multiplication des campagnes de drainage jusqu’au XXe s.
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- Au nord-ouest de cet axe, deux canalisations drainent le versant, en amont de l’emprise. Constituées de tuyaux d’adduction en chêne, elles sont datées du tournant des Ier-IIe s. ap. J.-C. et se dirigent vers un long et profond fossé fonctionnant jusqu’aux premiers siècles du haut Moyen Age. Le paysage présente alors des aspects variés : vergers, prairies, friches, zones humides, vigne, céréaliculture. Quelques monnaies et tessons attestent d’une fréquentation jusqu’à la fin de l’Antiquité.
- Aux VIIIe-IXe s., une grande partie de cet axe d’écoulement est transformé en surface carrossable par d’abondants rejets de céramique issus d’un atelier de potiers. Ces apports, relativement progressifs au nord-ouest de la bande, sont massifs dans sa partie centrale et s’interrompent au sud-est. Le mobilier du dépotoir prélevé représente un ensemble homogène de près de 400 000 tessons de céramique commune grise décorée à la molette (cuisson réductrice, post-cuisson réductrice). Cet ensemble peu diversifié constitue une référence pour la production de poterie à la période carolingienne en Auvergne.
En dépit du volume exceptionnel de ce lot, aucune structure de production n’a été découverte sur le site. L’atelier d’origine n’est donc pas connu. Des débris de terre cuite architecturale et artisanale, ainsi que des pierres, portant tous des traces de chauffe, de même que la qualité de cuisson des poteries dont certaines sont déformées, indiquent cependant l’emploi de fours (construits) permettant de soutenir une température élevée.
- Des restes fauniques et carpologiques conservés dans la matrice charbonneuse du dépotoir procurent des informations sur l’alimentation et l’environnement des potiers.
L'alimentation semble avant tout basée sur les céréales (cultures d’été), même si elle paraît enrichie, au moins ponctuellement, d'éléments carnés comme l'indique la présence d’éléments consommés (Bos, Sus, Ovis aries). On relève également la présence de restes d’animaux auxiliaires (Cheval, Ane, Chien, Chat).
- Après cet évènement qui a vraisemblablement duré plus d’une décennie, le site n’est guère fréquenté avant que soit pratiquée une vaste excavation (600 m²) aux XIe-XIIe s. ou un peu avant. Celle-ci est pourrait avoir eu plusieurs fonctions (carrière d’argile, éventuel pourrissoir d’argile), mais devient rapidement une mare par l’effet du ruissellement.
- Cette fonction est entérinée, vraisemblablement au début du XIVe s., par l’installation d’un exutoire en bois élaboré, formé d’un cuvelage alimentant une gouttière monoxyle couverte, enterrée sous une courte digue d’argile et se déversant dans un fossé. La retenue a pu jouer simultanément plusieurs rôles : pêcherie et zone cultivée, roselière, réserve d’eau pour une industrie située en aval de l’emprise. Une série de fossés est creusée dans le même temps à proximité de la mare, notamment au nord-est où l’axe drainant NO-SE est rétabli et sera entretenu jusqu’à nos jours, mais aussi au sud-est et à l’ouest où des fossés délimitent une parcelle autour de l’excavation. Les données carpologiques pour cette période témoignent de l’importance des plantes de milieu humide, mais reflètent aussi une mise en culture faible, où dominent les plantations d’été. La mare est colmatée aux XVe-XVIe s.
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