Un « alien » dans le cerveau. Expérience sociale de la maladie mentale et idiome naturaliste des neurosciences. Moutaud, B. Anthropologie et Santé, November, 2015.
Un « alien » dans le cerveau. Expérience sociale de la maladie mentale et idiome naturaliste des neurosciences [link]Paper  doi  abstract   bibtex   
Dans cet article, j’interroge les enjeux anthropologiques soulevés par la diffusion du discours naturaliste des neurosciences dans les sociétés contemporaines et l’idée qu’il offrirait aux individus une nouvelle manière de se penser et de se définir selon le cerveau et son fonctionnement. Pour cela, je décris les logiques selon lesquelles des personnes souffrant d’un trouble obsessionnel compulsif s’approprient des explications cognitives ou biologiques pour rendre compte de leur expérience de la maladie. J’avance l’idée que ces explications sont un idiome que les personnes mobilisent pour les registres d’action qu’il leur offre afin de reprendre le contrôle de leur trajectoire, d’agir sur leur environnement et de négocier les contraintes de la maladie. Plus que la construction d’une forme de vie fondée sur le biologique, ce langage s’inscrit dans des dispositifs qui le diffusent en écho des idéaux politiques et éthiques de la démocratie sanitaire et de l’empowerment. L’ensemble participe à construire la figure d’un individu souffrant d’un trouble psychiatrique qui pourrait agir sur son cerveau pour redevenir acteur de sa santé et rejoindre la communauté des citoyens.
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	title = {Un « alien » dans le cerveau. {Expérience} sociale de la maladie mentale et idiome naturaliste des neurosciences},
	volume = {11},
	issn = {2111-5028},
	url = {http://anthropologiesante.revues.org/1879},
	doi = {10.4000/anthropologiesante.1879},
	abstract = {Dans cet article, j’interroge les enjeux anthropologiques soulevés par la diffusion du discours naturaliste des neurosciences dans les sociétés contemporaines et l’idée qu’il offrirait aux individus une nouvelle manière de se penser et de se définir selon le cerveau et son fonctionnement. Pour cela, je décris les logiques selon lesquelles des personnes souffrant d’un trouble obsessionnel compulsif s’approprient des explications cognitives ou biologiques pour rendre compte de leur expérience de la maladie. J’avance l’idée que ces explications sont un idiome que les personnes mobilisent pour les registres d’action qu’il leur offre afin de reprendre le contrôle de leur trajectoire, d’agir sur leur environnement et de négocier les contraintes de la maladie. Plus que la construction d’une forme de vie fondée sur le biologique, ce langage s’inscrit dans des dispositifs qui le diffusent en écho des idéaux politiques et éthiques de la démocratie sanitaire et de l’empowerment. L’ensemble participe à construire la figure d’un individu souffrant d’un trouble psychiatrique qui pourrait agir sur son cerveau pour redevenir acteur de sa santé et rejoindre la communauté des citoyens.},
	language = {fr},
	urldate = {2017-02-14TZ},
	journal = {Anthropologie et Santé},
	author = {Moutaud, Baptiste},
	month = nov,
	year = {2015}
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